En France, la fourniture de l’énergie au foyer est prise en charge par différents fournisseurs. Mais à la suite des récentes crises énergétiques le gouvernement a été contraint à modifier les tarifs. Ceci afin que la hausse du prix de l’énergie ne dépasse pas 15 %, contre 4 % auparavant. Face à cette augmentation des prix de l’énergie, l’État a prévu un chèque énergie pour certaines familles. Consultez cet article pour savoir comment et quelles sont les conditions pour recevoir ce chèque énergie.
Conditions pour bénéficier du chèque énergie
Le chèque énergie s’adresse aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil. Ce soutien allège le poids des factures énergétiques, qu’il s’agisse d’électricité, de gaz ou même d’achats de combustibles. Pour y accéder, le parcours est balisé par plusieurs conditions. D’abord, il faut occuper un logement assujetti à la taxe d’habitation, même si celle-ci n’est pas effectivement payée. Ensuite, une déclaration de revenus annuelle à l’administration fiscale est incontournable. Enfin, le revenu fiscal de référence par unité de consommation (UC) doit rester sous la barre des 10 800 euros.
Cette notion d’unité de consommation permet de mesurer la taille du foyer et d’ajuster le plafond en conséquence. Voici comment elle se répartit :
- 1 UC pour la première personne du foyer,
- 0,5 UC ajoutée pour la seconde,
- 0,3 UC supplémentaire pour chaque personne à partir de la troisième.
Étapes pour recevoir le chèque énergie
Bonne nouvelle pour ceux qui redoutent les démarches administratives : aucune formalité à remplir pour recevoir le chèque énergie. L’administration fiscale, sur la base de la déclaration de revenus, dresse chaque année la liste des foyers éligibles. Cette liste est ensuite transmise à l’Agence de Services et de Paiements (ASP), chargée de l’expédition des chèques.
Les bénéficiaires reçoivent le chèque énergie par courrier, généralement une fois par an, à leur adresse principale, domicile privé, structure d’accueil ou fondation comprise. Dans certains cas, la remise peut se faire directement auprès du fournisseur d’énergie.
Montants du chèque énergie : comment s’y retrouver ?
Le montant du chèque énergie varie selon le revenu imposable et la composition du ménage. Quelques repères concrets permettent de s’y retrouver :
- Pour une personne seule avec moins de 5 600 euros de revenu fiscal de référence, le chèque atteint 194 euros.
- Deux personnes dans ce cas ont droit à 240 euros, trois personnes à 277 euros.
Si le revenu fiscal de référence se situe entre 5 600 et 6 700 euros par unité, le chèque descend à 146 euros pour une personne, 176 euros pour deux, et 202 euros pour trois.
- Pour un revenu compris entre 6 700 et 7 700 euros par unité, les montants sont de 98 euros (une personne), 113 euros (deux personnes) et 126 euros (trois personnes).
Enfin, si le revenu fiscal de référence se situe entre 7 700 et 10 800 euros par unité, le montant attribué est de 48 euros pour une personne, 63 euros pour deux, 76 euros pour trois.
Attention, le plafond de ressources à respecter pour recevoir cette aide reste fixé à 10 800 euros par unité de consommation. Le montant reçu oscille donc entre 48 et 277 euros, selon la situation du foyer. Ce soutien vient en plus d’éventuelles primes exceptionnelles. Il reste valable jusqu’à la fin du mois de mars de l’année suivant son émission : mieux vaut ne pas laisser dormir ce coup de pouce dans un tiroir.
Ce que permet concrètement le chèque énergie
Le chèque énergie sert d’abord à régler les factures d’électricité ou de gaz, mais il ouvre aussi d’autres possibilités. Il peut financer l’achat de combustibles pour le chauffage ou, dans certains cas, servir à régler des charges locatives si le bailleur accepte ce moyen de paiement. Tous les types de logements sont concernés, qu’il s’agisse d’un appartement meublé ou non, d’une résidence principale ou d’un établissement pour personnes âgées autonomes.
Autre avantage trop souvent méconnu : le chèque énergie peut couvrir certains travaux ou investissements visant à réduire la consommation énergétique du logement.
Les personnes éligibles profitent aussi d’une série de mesures supplémentaires : pas de frais en cas de changement de contrat suite à un déménagement, absence de pénalité si un paiement est refusé, et réduction de 80 % sur les frais de rétablissement en cas de coupure d’alimentation.
Utiliser le chèque énergie pour s’acquitter de ses factures
Une fois le chèque énergie en main, plusieurs options s’offrent à vous pour payer vos factures d’électricité, de gaz ou de fioul. Il peut également servir pour honorer certaines charges liées au logement, selon l’accord du bailleur.
Avant toute chose, vérifiez que le montant inscrit correspond à votre situation et à la période de validité. En cas d’erreur, contactez sans tarder l’organisme chargé du versement. Vous pouvez envoyer le chèque directement à votre fournisseur d’énergie, ou demander un virement bancaire équivalent à la somme indiquée, en joignant une copie recto verso du document pour faciliter le traitement.
Il existe toutefois des plafonds à respecter, dépendant des ressources annuelles et fixés par une grille tarifaire actualisée chaque année par les pouvoirs publics. Cumuler plusieurs chèques énergie peut être nécessaire pour atteindre le montant total d’une dépense importante. Pensez à conserver tous les justificatifs et factures liés à l’utilisation du chèque énergie, utiles en cas de contrôle ou de remboursement à demander.
Quelles alternatives pour les ménages confrontés à la précarité énergétique ?
Le chèque énergie constitue un levier précieux pour beaucoup, mais d’autres dispositifs peuvent aussi venir en aide aux foyers fragilisés par le coût de l’énergie. Parmi les possibilités, citons le fonds de solidarité pour le logement (FSL), l’aide personnalisée au logement (APL) ou encore la prime forfaitaire pour les bénéficiaires du RSA.
Le FSL, piloté par chaque département, intervient pour permettre aux ménages modestes d’accéder à un logement ou d’y rester. Ce fonds peut prendre en charge une partie du loyer, des charges locatives ou, dans certaines situations, régler des factures d’électricité ou de gaz. Les critères d’accès varient selon les départements, mais la condition de ressources reste déterminante.
L’APL, versée chaque mois par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF), allège le coût du loyer ou rembourse une part des charges locatives. Elle s’adresse aux locataires de logements sociaux ou du parc privé conventionné, sous réserve de ressources. L’aide peut être versée directement au bailleur ou au bénéficiaire.
Quant à la prime forfaitaire, elle accompagne une fois par an les foyers percevant le RSA pour les aider à régler leurs dépenses énergétiques. Son montant s’ajuste à la composition familiale et elle est versée en même temps que le RSA.
Prendre le temps d’explorer toutes ces pistes peut faire la différence pour traverser l’hiver sans craindre la prochaine facture. La diversité des solutions proposées laisse entrevoir une marge de manœuvre, même lorsque les budgets sont serrés. Reste à chaque famille de trouver la combinaison la mieux adaptée à sa réalité.


